Entre pilonnage de l'industrie agro-alimentaire et recommandations scientifiques, on ne laisse pas beaucoup de place à chacun pour décider du bien-fondé de manger un produit laitier à chaque repas. Tous les jours, je vois des patients qui s'obligent à terminer leur repas par un yaourt, pour être sûrs d'avoir suffisamment de calcium, au risque d'avaler des calories, sans plaisir, sans envie et sans besoin…

Prendre du calcium, c'est bien ; le fixer, c'est mieux. Pour ça, il faut de la vitamine D, qu'on trouve en petite quantité dans les produits laitiers, certains aliments gras (c'est une vitamine qui est dissoute dans la graisse donc, logique !), mais surtout, notre corps la fabrique grâce aux rayons du soleil sur notre peau. S'exposer 1/4h par jour, dès qu'on le peut, c'est une première bonne résolution. J'en veux pour preuve que, en Suède, les taux d'ostéoporose (pathologie des os qui sont fragilisés) sont les plus importants d'Europe et pourtant les suédoises sont aussi les plus grandes consommatrices de produits laitiers. La lumière, je vous dis, la lumière…

Alors qu'au Japon où on ne consomme pas de produits laitiers (en tous cas dans l'alimentation traditionnelle), on ne tombe pas en poussière à 50 ans. Parce que du calcium, on en trouve ailleurs que dans les produits laitiers. Où ? Dans l'eau (si elle contient plus de 150 mg/L), les sardines, les langoustines, les amandes, les choux (surtout les 2 sortes de choux chinois), le tofu, le sésame. Tiens, c'est rigolo, c'est dans des produits plutôt asiatiques… 

Et puis levons l'amalgam qui est fait sur les produits laitiers : certaines personnes – c'était le cas de Rachida Brakni qui était l'invitée du Grand 8 -, ne prennent pas de lait parce qu'elles ne le supportent pas. C'est souvent à cause du sucre du lait, le lactose. Bon à savoir : il n'y a pas de lactose du tout dans le fromage. On peut donc être intolérant au lactose et manger du fromage sans problème !

Mais surtout, surtout, si on sent qu'on ne supporte pas bien les produits laitiers, qu'on ne les digère pas, il n'y a aucune raison de se forcer sous prétexte que ce serait bon pour la santé. Ecoutez-vous, mangez-en si vous sentez que vous en avez envie ou besoin mais ne vous forcez surtout pas pour de mauvaises raisons ! Libérez-vous des diktats hygiénistes de l'alimentation.

Si je n'ai pas entendu cette phrase 1000 fois, je ne l'ai pas entendu 1 fois ! C'est d'ailleurs comme cela que Laurence Ferrari a lancé ma chronique sur le sujet, mercredi dernier… Comment dire… Là n'est pas la question puisque la question, c'est de savoir combien on en mange : si on s'en bourre, ça a beau être le plus sain du monde, on grossit !  

Du coup, il faut retenir quoi ?

– Qu'on peut faire un mix sushis / sashimis, si on veut manger bien rassasiant mais qu'on trouve que le riz, c'est un peu étouffant.

– Qu'il existe une sauce soja salée avec moitié moins de sel en vente sur internet. La voici : 

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elle est verte avec un petit bouchon vert. C'est vrai que ça assoiffe, les sushis et en grande partie à cause de la sauce dont le sel vient s'ajouter à celui présent dans le vinaigre de riz, avec lequel on parfume le riz. D'ailleurs, ce vinaigre, malgré son goût acidulé, ne contient pas de sucre, en tous cas si j'en crois l'étiquette de la bouteille que j'ai chez moi.

– Que si on veut rester "jap attitude", on ne prend pas de dessert.

– Mais que surtout, surtout, on mange à sa faim. Ca veut dire qu'on peut faire une première commande, modeste, évaluer où on en est après ces quelques bouchées, et refaire un "réassort", une commande de complément si on a encore faim. Ca évite de finir pour finir et de prendre du poids avec cet aliment siiiiii sain !

Parce que le manque de soleil, la fatigue, les rhumes et autres joyeusetés de l’hiver ont largement fatigué les organismes, on cherche tous azimuts des ressources autres que des vacances qui ne sont pas près d’arriver vu que nous sommes au milieu du gué : quasiment aussi loin des dernières que des prochaines grandes et ensoleillées !

Une solution très « magazine féminin », serait de se tourner vers de la fashion food avec son lot de baies, d’algues ou de légumes bizarres sensés être anti-oxydant, faire maigrir, empêcher le cancer, faire venir la fortune et soigner les ongles incarnés…

Une autre solution est de regarder ce qu’on peut mettre dans nos assiettes, au quotidien, pour lutter contre le stress hivernal : une salade avec une vinaigrette au jus de citron et 1 tranche de saumon fumé, des sardines ou du hareng pour les oméga 3 qui mettent de bonne humeur et la vitamine C qui améliore l’immunité et donne la pêche.

On continue avec une viande et plutôt du filet mignon de porc (ou jambon ou bacon) pour la vitamine B1, anti-stress. C’est par exemple un filet mignon de porc au curry  et semoule aux fruits secs. Les épices parce qu’ils sont anti-oxydants et la semoule parce que les féculents sont eux aussi riches en vitamine B1. Les petits fruits secs sont riches en magnesium, comme le chocolat, touche sucrée sur laquelle on peut finir. Le magnesium est un décontractant musculaire et permet de se détendre.

Et puis si on veut un bon gros dessert, comme Hapsatou Sy et  Elisabeth Bost me l’ont bruyamment réclamé hier, dans la chronique ci-dessous, sans impact sur leur poids, on passe directement de la salade au fondant au chocolat, ce qui couvre tous les besoins en énergie, magnesium, sucre, protéines…

Il y a toujours des solutions, même pour les plus gourmand(E)s !

Une méfiance par rapport aux produits carnés, des farines animales données aux poissons… il n'en faut pas plus pour que la confiance des français se crispent par rapport à l'industrie agro-alimentaire et aux sources de protéines.

Certains vont jusqu'à se poser la question : peuvent-ils bien se nourrir sans pour autant manger de chair animale ? 

Les protéines des féculents sont de bonnes ressources pour couvrir le besoin en protéines. Il faut juste marier astucieusement les céréales et les légumes secs pour que les uns complètent les limites des autres : du couscous végétal avec des pois chiches, du riz à l'indienne avec des lentilles, un taboulé aux lentilles et pignons, des pâtes aux fèves… la cuisine traditionnelle ne manque pas d'idée pour pallier le manque de viande.

Et pour le reste ? le fer végétal est mieux absorbé si on mange en même temps une source de vitamine C (fruit frais, jus de citron dans le taboulé, vinaigrette au jus d'orange, kiwi dans la salade…). Si vraiment on en manque, il faudra supplémenter. C'est pas rigolo pour le transit les 15 premiers jours et puis ça s'arrange…Et pour ceux qui se détourneraient complètement de tout aliment d'origine animale, il faut absolument mais ab-so-lu-ment, une supplémentation en vitamine B12, qu'on ne peut pas trouver ailleurs que dans l'alimentation d'origine animale. Donc là, c'est un petit cachet qui fera l'affaire. Eh oui, on ne s'improvise pas végétalien !

Je l'attendais depuis tellement longtemps, j'avais l'impression de prêcher dans un désert quand j'expliquais à mes patients mes positions sur le light, et notamment sur les édulcorants de synthèse. Ben oui, si les médecins prescrivaient à des gens diabétiques de consommer des édulcorants, pour les faire maigrir et les aider à gérer leur diabète, c'est que ça ne pouvait pas être complètement mauvais. Sauf que…

 

Sauf que l'Inserm a sorti la semaine dernière une étude dont les résultats sont énoooormes : ils révèlent "pour la première fois en
France, que contrairement aux idées reçues, le risque de diabète est plus élevé
lorsqu’il s’agit de boissons "light" que de boissons sucrées "normales" »
.
Alors que le jus de fruits pressés, sans sucre ajouté, lui n'augmente pas le risque. Alors, c'est pas énooooorme, ça ?!

 

Bon, je ne veux pas polémiquer parce qu'évidemment, ça polémique sévère et on comprend que les enjeux santé et économiques sont tellement importants qu'il s'agit de ne pas raconter n'importe quoi. Par exemple, ne pas dire : "alors, on peut boire des boissons sucrées non light comme on veut" mais plutôt "donc, à choisir entre une boisson light et une non light, il vaut mieux la non light, ça fait moins de mal à la santé".

Alors attention, sur ce sujet, il y a toujours eu un mélange des genres entre question de poids et question de santé. C'est d'ailleurs Roselyne Bachelot qui a pointé cela dans ma chronique sur le sujet sur Le Grand 8 / D8. Ce qui m'a d'ailleurs permis d'expliquer pourquoi il faut revenir, dans son alimentation, à du vrai sucre, sans avoir peur de prendre 25 kilos ou de confire dans son diabète.

– Parce que le sucre est nécessaire au fonctionnement du corps et que s'il ne le reçoit pas sous une forme, il va le chercher sous d'autres : par exemple les personnes qui boivent beaucoup de light sont aussi celles qui souvent évitent les féculents de peur de grossir et qui du coup consomment trop peu de glucides (sucres). Du coup, elles compulsent sur des produits hautement sucrés, grandement caloriques et en quantité ingérable pour l'organisme. Donc elles se privent mais prennent du poids quand même.

– Et puis parce que les édulcorants de synthèse habituent le palais à un goût artificiellement et intensément sucré. Du coup, quand elles mangent quelque chose avec du vrai sucre, il leur en faut beaucoup pour arriver à une satisfaction très relative…

Alors tout ça se rééduque, avec un peu de temps, de calme et en douceur, pour repasser à un vrai goût des choses…

Ben non, si on n'a pas faim… Mais alors quid du creux de 11h et de l'attraction de la machine à confiseries ?

Je vous jure, il y a moyens de faire autrement et – une fois n'est pas coutume -, en s'appuyant en plus sur l'innovation de l'industrie agro-alimentaire ! Une fois sur D8 Replay, on va à 9:09 min et on trouve des réponses !

Et moi, ce que j'adore, c'est quand mes copines Karine ou Anne sont ravies de s'autoriser enfin, sans culpabilité, à ne plus petit déjeuner dès le pied posé par terre !

 

 

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Le lancement de D8, c'était dimanche soir 7 octobre.

Celui de l'émission de Laurence Ferrari, Le Grand 8, c'était lundi 8 octobre.

Ma première chronique, le mardi 9 octobre. Et c'est parti pour 3 fois par semaine : les mardis, mercredis et vendredis, je mettrai les pieds dans le plat de la nutrition. Je suis dans le dernier 1/3 de l'émission, vers 13h35.

Un seul lien à suivre quand on ne peut pas regarder la télé en journée : D8 replay et pour voir la première, sur le fromage allégé vs fromage classique, c'est sur ce lien

J’aime bien cet aliment, le pain pour pleins de raisons nutritionnelles et psychologiques. Il fait partie des aliments dont 1 femme sur 2 dit qu’elle ne pourrait pas se passer. Je pense qu’il est connoté de façon très négative alors qu’il vient, avec les autres produits issus des céréales ou les féculents, compléter à merveille une alimentation adaptée aux besoins du corps. Finalement, à force de régimes hypoglucidiques, on s’est détourné de ces aliments en espérant maigrir, sans que le succès ne soit toujours à la clé, loin de là… ET si on pouvait renouer avec cet aliment là, aussi, sans culpabilité et sans incidence sur le poids ? Moi, je crois que c’est possible et mes patients le constatent au quotidien !

Chose promise, chose dûe : voici la première chronique des Maternelles. Évidemment, les sujets concerneront essentiellement les jeunes parents (ou grands-parents) et l’alimentation des enfants de 0 à 6 ans, les femmes enceintes et celles qui allaitent… Mais ça ne m’empêche pas d’essayer de faire passer un certain nombre d’idées auprès du plus grand nombre !
Un grand merci à Kergouet qui me fournit en You Tuberies pour alimenter ce blog !

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C’est ma dernière chronique de la saison sur « On n’est pas que des parents » sur France 5. Saison oblige, même si ce n’est pas évident de se projeter vue la température extérieure, j’ai abordé dans cette dernière chronique les aliments de l’été : glaces, crèpes, chichis, chouchous et autres gaufres… Et, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ce n’était pas pour dire qu’il ne fallait pas en manger mais expliquer plutôt comment en manger avec bonheur et sans culpabilité ! Si, si, c’est possible !!! C’est sûrement celle dont le contenu est le plus proche de ce que j’approfondis avec mes patients.