Mardi 9 décembre, à 20h30, rencontrons-nous pour cette soirée-débat autour de la question du temps du repas.

Organisée par la Mairie de Blanquefort (Gironde), proche de Bordeaux, cette soirée est destinée aux parents d'enfants, petits et grands, et permettra à chacun de poser des questions, d'échanger des pratiques "qui marchent", de prendre un temps pour penser et parler. Nous y évoquerons les questions de la télé en mangeant, des conflits qui dérèglent les repas, des goûts et des dégoûts, de la durée du repas, de l'éducation alimentaire… Bref, des sujets qui concernent le quotidien des parents et à aborder avec un psychologue nutritionniste.

J'espère vous y rencontrer !

Entrée libre – Salle du Mascaret – 8, rue Raymond Vallet – Blanquefort

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Cette fois, on s'y met à 2 pour promouvoir la bonne alimentation, bonne pour le goût et pour la santé, auprès des parents et des enfants : L'émission les Maternelles accueille Laura Annaert, Mamanchef et moi-même pour une semaine de recettes de cuisine et conseils nutritionnels associés.

 

Ca se regarde tous les matins, à 9h50, dans l'émission, en cliquant sur le lien de Pluzz, le site de rediffusion des émissions de France TV. Pour aller directement sur la rediff de l'émission, c'est sur le site les Maternelles et c'est à la 51ème minute. Attention, les rediffs ne seront disponibles qu'une seule semaine, mais on peut retrouver les recettes de Laura sur le site des Maternelles ou sur son site à elle, de Mamanchef.

Voilà un bien joli texte publié dans Libération du 8 juin 2013. Son auteur, c'est Arnaud Daguin, le fils d'André. Bon sang ne saurait mentir… Il cuisine, dans une chambre d'hôtes, Hegia, qu'il tient avec sa femme. Ils ont obtenu la première étoile Michelin attribué à une maison privée. Mais au-delà des bons gènes et des succès d'estime, il y a dans ce texte tout le sens qu'on doit (re)donner à  l'alimentation. Ca fait du bien…

 

Thérèse va mourir, elle le sait mieux que tout le monde, elle ne fêtera pas ses 100 ans, c’est dans deux ans, c’est trop loin.

Comme souvent paraît-il dans les dernières heures, Thérèse a un léger mieux, elle sourit, parle de nouveau à sa soignante et, ce matin-là, quand Philippe, le directeur de la maison de soins, vient la visiter elle se permet même une liberté incroyable : elle lui demande quelque chose ! Ça doit drôlement lui tenir à cœur à Thérèse parce que de mémoire de Labourdin (ceci se passe à Cambo, Pays basque) on n’avait jamais vu Thérèse demander quoique ce soit à qui que se soit.

Thérèse veut un œuf à la coque ! Avec une mouillette comme il faut et un peu de sel, et voilà. Avant de nous quitter, elle a envie de ça, de ce souvenir-là, ce jaune et ce blanc, ce gras et ce gélatineux, ce croustillant. Elle veut ça, elle que l’on nourrit par tuyauterie interposée depuis des jours.

Et bien elle ne l’aura pas, elle mourra le lendemain comme elle a toujours vécu, furtivement… Et sans œuf coque.

Peut-être que ses dernières pensées auront tourné autour d’une question : «Pourquoi Philippe, qui est si gentil, me l’a pas donné ce dernier plaisir, il m’a oubliée peut-être ? Il est tellement occupé le pauvre !» Eh bien non, Thérèse, il ne vous avait pas oubliée le Philippe, il a même passé la journée à tenter de convaincre le chef cuistot, puis la «qualéticienne» de la maison, puis ses associés de faire rentrer un œuf frais dans une maison de soins et il n’y est pas arrivé. Dans ce genre d’endroit, l’œuf est en Tetra Brick, surtout pas en coquille, c’est meilleur pour la sécurité alimentaire des mourants. Quand j’ai revu Philippe deux jours plus tard, il en pleurait encore.

Que nombre de personnes âgées finissent leur vie seuls n’est déjà pas bon signe pour une société, mais que l’on s’adonne à ce genre de cruauté sous des prétextes sanitaires, et ce dans une cécité cousine de la résignation générale, me hérisse le poil. La restauration collective en milieu de soins ou maisons de repos est soumise à de telles réglementations que, sous peine de se voir retirer normes et accréditations, on ne peut y pratiquer qu’une cuisine où la qualité des produits et la saveur des plats passent loin derrière les impératifs réglementaires et économiques.

J’ai mauvais esprit, certes, mais je subodore que cette prolifération de normes obligatoires est moins destinée à protéger nos vieux (ou nos enfants ou nos malades, parce que le problème est le même à l’école et à l’hôpital) qu’à servir de parapluie et de fond de commerce.

Pas besoin de longues études en psycho pour savoir que la qualité de la gamelle fait le moral des troupes, et ça ne vaut pas seulement pour les pioupious.

Dans ces établissements où l’on propose des ateliers de cuisine ou de pâtisserie dont on jettera les productions parce que réputées impropres à la consommation, où l’on autorise le jardinage à condition de ne point en consommer les produits, a-t-on seulement idée de l’impact positif d’un fumet, d’une saveur ? Remontent les souvenirs de tartes aux pommes, les réminiscences de vol-au-vent. A-t-on étudié l’impact de la bonne bouffe sur les malades d’Alzheimer ?

J’avais trois «tontons» dans le métier de la cuisine, l’un d’entre eux, Jean-Louis Palladin, s’était exilé aux Etats- Unis où, malheureusement très jeune, il succomba à un cancer. Que croyez-vous que firent les deux autres, Jean-Marie Amat et Jean-Pierre Xiradakis, assistant à sa fin en guise de soins palliatifs ? La cuisine parbleu ! Même s’il était incapable de le déguster, ce cadeau ultime lui aura au moins offert une sortie plus douce.

Pourquoi traiter le fait de se nourrir comme une menace potentielle alors qu’il s’agit du plus vieux geste de vie ? Sommes-nous devenus si indifférents, manquons-nous à ce point d’empathie pour rester impuissants et passifs devant ces monuments de froideur et de complications bureaucratiques ?

Je rêve d’assister un jour à la fronde des vieux, des malades, des enfants dans leurs cantines respectives, et volent les omelettes en bricks ! Et fusent les bouillons lugubres ! Je ne suis pas le seul, heureusement, à être persuadé qu’offrir du goût et de la générosité dans les assiettes des faibles et des malades se traduirait in fine par un gain colossal en coût de santé publique.

La cuisine nous restaure d’abord au sens premier, comme on restaure une œuvre d’art ou l’intégrité d’une pièce. Ce que nous mangeons nous constitue, voilà une raison suffisante pour exiger le droit de ne plus manger de la m…

Indignons-nous là aussi ! Ne soyons plus passifs, exigeons au moins de savoir ce que sont les produits qu’on nous impose, de quel mode de production ils sont issus.

Nous avons besoin, en terme de restauration collective d’une vraie révolution culturelle et culturale. Il faut aujourd’hui consommer cinq fois plus de fruits et légumes qu’en 1950 pour le même apport nutritionnel (source Inra), la faute à nos modes de production agricole.

Alors vivent la permaculture, l’agroforesterie, la biodynamie, le local, la production paysanne, vive la cuisine qui nourrit le corps et satisfait l’âme.

Et que l’on meure guéris !

DaguinArnaud Daguin et son épouse à Hasparren (64)

 

Le métier du dessinateur est d'établir des portraits robots pour la police, sur la description de témoins. Dans ce film, il pose des questions sur leur visage à des femmes qu'il n'a jamais vues et qu'il ne verra pas. A partir de leurs réponses, il établit un premier portrait. Ensuite, il répète le même exercice avec une personne qui a croisé la femme, quelques minutes avant. Il établit un deuxième portrait robot. Mis ensuite côte à côté, les portraits parlent d'eux-mêmes…

Il s'agit donc d'illustrer la distorsion de perception que chacun a de soi avec ce que les autres perçoivent. Outre le fait que ce film soit très beau et émouvant, c'est aussi une autre façon de comprendre qu'il n'y a pas pire ennemi que soi-même, avant les autres, avant la société. Le regard qui déjuge le plus sévèrement est celui qu'on porte sur soi-même. Alors, allons-y pour un peu de bienveillance, d'attention portée à soi, de valorisation. Ca regonfle l'estime de soi et ça permet de faire de son corps et de son visage des amis plutôt que des ennemis à combattre…

Merci à la marque Dove qui apporte, à travers ses films, un vrai regard et une réflexion sur la beauté, qu'aucune autre marque n'a jamais égalée !

 

 

Hier, j'ai reçu ce message d'une inconnue, dans ma boîte mail :


Capture d’écran 2013-04-11 à 08.42.43"Madame,
Je suis plongée dans "Ex fan des régimes", avec le sentiment qu'une vraie fenêtre s'ouvre dans la nébuleuse médiatique associée au corps, au poids et à la normalité. Je voudrais vous dire merci pour cette impression de liberté et de nouveauté qui surgit dans ma vie.
Pour ma part, je suis un produit typique de notre société normative. Je me suis toujours trouvée un peu
ronde par comparaison avec ma sœur et mes copines (1m62, taille 40, c'est dingue quand je vois les photos !). Maintenant je suis très ronde, grosse en fait (taille 44 tendant vers 46). J'ai essayé de nombreux régimes ou diètes, des plus classiques (WW, hyper protéiné, "raisonnable" du genre Cohen ou Sonia Dubois) aux plus farfelus (banane, ananas, diète russe au lait fermenté) en passant par ceux qui ne veulent pas s'appeler régime mais nouvelle façon de manger (Montignac). Effet yoyo garanti dans tous les cas.
Et pourtant, paradoxalement, je refuse de tout mon être l'aspect "loi" des régimes. Car il y a un vrai vocabulaire juridique associé aux régimes : on a "droit" ou pas à ça, tel aliment est "interdit" ou "autorisé"… Mais qui est ce législateur qui s'empare de ma nourriture ?! Cela me révolte. Même si, et c'est bizarre de se reconnaître si ambivalente, je m'y soumets souvent (…)."

 Il m'a touché à plusieurs titres. D'abord, par sa justesse : ce qu'écrit Elisabeth, c'est ce que me disent nombre de mes patientes de leur parcours yoyo et de leur incapacité à supporter de ne pas être comme la société les attend. C'est pour toutes ces femmes que nous avons écrit ce livre avec Annabelle Demouron. C'est aussi pour elles qu'Annabelle anime une page Facebook du livre

Ce qu'elle dit sur la dimension "légaliste" liée à l'alimentation, c'est une chose que j'entends aussi souvent. Lorsqu'un patient me demande s'il a "le droit" de manger quelque chose, je lui réponds qu'il 'y a pas de grand livre de la Loi de la nutrition. C'est en partant du patient lui-même qu'on va aborder les choses.

Et puis son propos me touche aussi parce que lorsqu'on est le co-auteur d'un livre comme Ex-fan des régimes, on le fait pour transmettre un message. Quand ce message est reçu, ça fait plaisir, vraiment plaisir !

 

 

 

Pour tout comprendre des effets pervers des régimes, regardez cette rediff, avec une belle image, des illustrations rigolotes et des intervenants et témoins intelligents. Il faut se dépêcher car ça ne restera en ligne que jusqu'à mardi prochain… C'est une petite pierre supplémentaire pour faire avancer la réflexion de chacun sur la question des régimes.

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Voilà ce que les clients de Casino ont pu découvrir sur leur livret promotionnel. Si on se contente de lire les gros caractères, l'argument est sans appel : "avec huile de palme" contre "sans huile de palme". Même si on ne connaît pas grand chose à la nutrition, on a dans l'idée que l'huile de palme, c'est pas génial pour la santé, que c'est plein d'acides gras saturés, ceux qui donnent du cholestérol et potentiellement, des maladies cardio-vasculaires !
Lorsque j'ai vu cette pub, le Nutella dans mes veines n'a fait qu'un tour.
Parce que Casino, qui met en avant le fait qu'il n'y ait pas d'huile de palme dans sa pâte à tartiner, écrit dessous en tout petit (ce qu'on ne regarde pas) la composition de chacune des pâtes. En l'occurrence, il n'y a pas d'huile de palme dans la Casino mais de l'huile de coco qui est, comme sa cousine l'huile de palme, riche en acides gras saturés et responsable des mêmes troubles de la santé !
M'est avis que les p'tits gars du marketing de Casino ont cherché à nous prendre pour des truffes (au chocolat) !

Il y avait les "evangelismes" de la devenue célèbre Eve Angeli pour ses répliques et ses sorties toutes en niaiseries et il y a maintenant les canneries de M.Dukan qui ne cessera donc jamais. J'aurais préféré démarrer 2012 sur autre chose mais il s'avère que les années passent mais n'affectent pas sa production… 

 

La dernière en date, lue ce jour dans Libé : "Le nutritionniste Pierre Dukan propose d'instaurer une option "poids d'équilibre" au bac, dans son livre, Lettre ouverte au futur président. Elle permettrait aux élèves de gagner des points s'ils n'ont pas grossi au cours de leurs deux dernières années de lycée".

 

Je crains que le chantre de la nutrition, le missionnaire de la perte de poids n'ait quelque peu oublié ses 12 heures de nutrition faites en première année de médecine : si le poids n'évoluait plus entre 16 ans et 18 ans, cela se saurait ! Alors, de deux choses l'une : ou il est décidément très can, ou il cherche par tous les moyens à faire parler de lui et je sers son dessein à travers ce post… Cela me laisse perplexe : faut-il l'ignorer ou bien faut-il éclairer la lanterne de ceux qui se posent des questions à son sujet ?

Extrait d'un sketch pas récent, récent, et pour cause… Comme quoi, les préoccupations d'aujourd'hui sont bien les mêmes que celles d'hier !

"Si j’évoque ici le falbala, ce n’est pas du tout par hasard. C’est à la suite des déclarations scandaleuses, proprement scandaleuses, d’un de ces maîtres du chiffon pompeux (…). Cet imbécile a osé déclarer l’autre jour dans un journal soi-disant féminin, deux points ouvrez les guillemets avec des pincettes. Il a dit : « le couturier n’a pas à tenir compte des formes du corps de la femme, c’est au corps de la femme de s’abaisser à l’art du couturier »"

On se demande pourquoi tant de femmes se sentent coupables d'avoir le corps qu'elles ont ! Ne cherchez plus, tout est dans cette phrase…