On parlait du mythe des aliments allégés et de la pensée magique. J'ai eu 7 minutes pour déglinguer des idées reçues et des croyances (les yaourts allégés, le surimi, les jus de fruits, le soda light, le chocolat noir), pour que vous puissiez faire vos choix en connaissance de cause, pour de bonnes raisons et non pas pour satisfaire aux sirènes du marketing.

C'était en direct, sur France 5, entre 13h30 et 14h30, sur le Magazine de la santé. Vous pouvez retrouver la chronique en cliquant sur ce lien et lancer la vidéo ou en relire le contenu, mis en ligne par le site www.allodocteurs.fr

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques, réflexions et pensées sur ce sujet. Les commentaires vous sont ouverts !

La prochaine, c'est à la même heure, lundi 12 janvier !

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Vous êtes de ceux qui finissent les assiettes des enfants pour ne pas jeter ? Ou bien votre assiette au restaurant parce que vous avez payé ?  Vous mangez deux yaourts au lieu d'un seul parce qu'ils arrivent à date de péremption ? Alors, vous souffrez du "syndrôme de la poubelle"

OK, il n'est pas répertorité par l'OMS, mais il est tellement partagé que j'ai du mal à croire qu'il n'ait pas encore été exploré par des instances plus scientifiques que moi. Ca correspond au fait de ne pas vouloir jeter des aliments à la poubelle et du coup, à les jeter dans soi, pour leur éviter la poubelle… A se prendre soi-même pour une poubelle, donc, puisque si on mange sans en avoir besoin, on gâche tout autant les aliments que si on les avait jetés…

Ca a fait l'objet d'une chronique ce lundi 2/12, sur le Magazine de la Santé, animé par Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes, sur France 5.

Pour la voir, vous cliquez sur ce lien et si vous préférez ne voir que ça, vous allez direct à 36'50 (elle restera en ligne jusqu'à lundi 9/12). 

 

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Voilà un petit film, Scarecrow,  qui résume bien l'aberration de notre système de production alimentaire. Ca prend un peu aux tripes, ça fait réfléchir… Je vous le laisse regarder et on se retrouve juste après.


 

Je trouve bien vu le fait que ce soit un enfant qui soit attiré par le plat de l'épouvantail. Je pense en effet, que ce sont les enfants d'aujourd'hui qui devront faire des choix qualitatifs, comprendre l'offre alimentaire et pouvoir ainsi trier le bon grain de l'ivraie. Il est urgent de leur apprendre ce qu'i y a écrit sur les paquets. Au lieu de s'échiner à leur transmettre le nombre de fruits et légumes ou produits laitiers qu'il faut manger par jour, on ferait mieux de leur expliquer la différence entre la production bio locale, bio "industrielle", raisonnée ou l'agriculture industrielle qui ressemble à celle qui est montrée dans ce film.

Maintenant, concernant l'annonceur, j'espère qu'il est très sûr de ses produits et qu'il est du coup hyper vertueux. Pour avoir testé Chipotle, cette chaîne de fast-food d'influence mexicaine (très intime, en France, mais qui cartonne aux Etats-Unis), je peux vous dire que le résultat est très, très bon. Ils annoncent qu'ils travaillent exclusivement à partir de produits frais, bios pour certains et qu'ils transforment tout eux-mêmes… D'où le film qui dénonce ce que les autres pratiquent…

En tous cas, on peut tous faire des choix et arrêter d'acheter des produits qui sont viciés par leur mode de production. C'est important de se souvenir qu'on est tous acteurs dans le système et qu'en bout de course, c'est le consommateur qui décide de ce qu'il met dans son assiette !

 

Vous connaissez, c'est sûr : autant, tout ce qui est blanc, un peu mou, légèrement sucré, voire un peu fade passe très bien chez les enfants, autant ce qui est vert, fibreux, légèrement amer ou acide est évité, voire rejeté. Et même s'ils ont été super téméraires les années précédentes. Il va falloir tenir le coup dans ce grand jeu de patience qu'est la découverte alimentaire : leurs goûts vont évoluer, ils vont manger des aliments chez Tatie Pépette qu'ils ne mangeront pas chez vous, ils vont vous faire devenir chèvre et pourtant… c'est normal, chez 75% des enfants. Ca s'appelle la "néophobie" et ça touche 3/4 des enfants de 2-3 ans à 7-8 ans. 

Il y a plusieurs raisons à cela :

– Le fait que la nouveauté, ça fait peur. Côté parents, pour rassurer, il faut montrer l'exemple, manger avec plaisir ce qu'on propose à l'enfant. S'il voit que c'est bon pour vous, il en aura moins peur… Et puis, il va falloir vous armer de patience : on peut être amené à reproposer jusqu'à 16 fois un même aliment, sous la même forme ! Oui, 16 fois, c'est beaucoup mais la plupart du temps, l'acceptation se fait plus tôt. On peut aussi faire pousser des tomates cerises ou du basilic devant une fenêtre, pour montrer aux enfants que ce qu'il mange ne sort pas de nulle part. Ou encore, on cuisine de temps en temps quelque chose avec eux, pour qu'ils s'approprient le résultat final et qu'ils soient fiers de le manger et de le partager.

– Justement, en parlant de partage, c'est plus simple aussi si tout le monde est à table et mange la même chose. Il n'y a pas "le repas des enfants" et "celui des adultes". Au contraire, le fait de manger comme des adultes permet à l'enfant de grandir et d'accéder à une palette de goûts qu'il n'avait pas auparavant.

– Et puis enfin, il faut comprendre que l'enfant ne se dirige pas spontanément vers un aliment vert, peu rassasiant et fibreux parce que dans son petit cerveau primitif de mangeur, ça évoque plus le poison qu'un aliment qui lui ferait du bien. Il va donc falloir le rassurer aussi sur l'innocuité de ce qu'il mange et manger en même temps que lui, ça tombe bien, ça le rassure !

Ca faisait un moment que cette idée de chronique me trottait dans la tête : lorsque je vois celle de mes patients lorsque je leur explique un peu de quoi sont constitués certains aliments qu'ils considèrent comme légers, je me rends compte qu'il faut faire tourner les infos. C'est chose faite avec ma dernière chronique sur D8, dans le Grand 8. 

J'ai pris 5 aliments : surimi, galettes de riz soufflées, yaourt 0%, chocolat noir et mozzarella. Si vous adorez ça, mangez les ; mais si vous vous forcez en espérant économiser quelques calories, oubliez ces aliments :

– le surimi, il contient des glucides (sucres), sous plusieurs formes ; l'équivalent de 2 morceaux de sucre pour 6 bâtonnets

– les galettes de riz soufflées, sous leurs airs de céréales, réagissent dans le corps comme si on mangeait des morceaux de sucre blanc

– les yaourts 0% apportent 20 calories de moins que des yaourts au lait entier. Economie calorique marginale, mais une texture, un goût, une onctuosité perdus… Dommage !

– le chocolat noir, aussi calorique, moins sucré mais plus gras que le chocolat au lait. Autant prendre celui qu'on préfère

– la mozzarella de bufflone, avec ses 23% de matières grasses, est un vrai fromage, malgré son aspect laiteux, sa blancheur et l'eau dans laquelle elle flotte. Une boule pèse 125g, c'est donc bien calorique…

 

Parce que le manque de soleil, la fatigue, les rhumes et autres joyeusetés de l’hiver ont largement fatigué les organismes, on cherche tous azimuts des ressources autres que des vacances qui ne sont pas près d’arriver vu que nous sommes au milieu du gué : quasiment aussi loin des dernières que des prochaines grandes et ensoleillées !

Une solution très « magazine féminin », serait de se tourner vers de la fashion food avec son lot de baies, d’algues ou de légumes bizarres sensés être anti-oxydant, faire maigrir, empêcher le cancer, faire venir la fortune et soigner les ongles incarnés…

Une autre solution est de regarder ce qu’on peut mettre dans nos assiettes, au quotidien, pour lutter contre le stress hivernal : une salade avec une vinaigrette au jus de citron et 1 tranche de saumon fumé, des sardines ou du hareng pour les oméga 3 qui mettent de bonne humeur et la vitamine C qui améliore l’immunité et donne la pêche.

On continue avec une viande et plutôt du filet mignon de porc (ou jambon ou bacon) pour la vitamine B1, anti-stress. C’est par exemple un filet mignon de porc au curry  et semoule aux fruits secs. Les épices parce qu’ils sont anti-oxydants et la semoule parce que les féculents sont eux aussi riches en vitamine B1. Les petits fruits secs sont riches en magnesium, comme le chocolat, touche sucrée sur laquelle on peut finir. Le magnesium est un décontractant musculaire et permet de se détendre.

Et puis si on veut un bon gros dessert, comme Hapsatou Sy et  Elisabeth Bost me l’ont bruyamment réclamé hier, dans la chronique ci-dessous, sans impact sur leur poids, on passe directement de la salade au fondant au chocolat, ce qui couvre tous les besoins en énergie, magnesium, sucre, protéines…

Il y a toujours des solutions, même pour les plus gourmand(E)s !

Une méfiance par rapport aux produits carnés, des farines animales données aux poissons… il n'en faut pas plus pour que la confiance des français se crispent par rapport à l'industrie agro-alimentaire et aux sources de protéines.

Certains vont jusqu'à se poser la question : peuvent-ils bien se nourrir sans pour autant manger de chair animale ? 

Les protéines des féculents sont de bonnes ressources pour couvrir le besoin en protéines. Il faut juste marier astucieusement les céréales et les légumes secs pour que les uns complètent les limites des autres : du couscous végétal avec des pois chiches, du riz à l'indienne avec des lentilles, un taboulé aux lentilles et pignons, des pâtes aux fèves… la cuisine traditionnelle ne manque pas d'idée pour pallier le manque de viande.

Et pour le reste ? le fer végétal est mieux absorbé si on mange en même temps une source de vitamine C (fruit frais, jus de citron dans le taboulé, vinaigrette au jus d'orange, kiwi dans la salade…). Si vraiment on en manque, il faudra supplémenter. C'est pas rigolo pour le transit les 15 premiers jours et puis ça s'arrange…Et pour ceux qui se détourneraient complètement de tout aliment d'origine animale, il faut absolument mais ab-so-lu-ment, une supplémentation en vitamine B12, qu'on ne peut pas trouver ailleurs que dans l'alimentation d'origine animale. Donc là, c'est un petit cachet qui fera l'affaire. Eh oui, on ne s'improvise pas végétalien !

Je l'attendais depuis tellement longtemps, j'avais l'impression de prêcher dans un désert quand j'expliquais à mes patients mes positions sur le light, et notamment sur les édulcorants de synthèse. Ben oui, si les médecins prescrivaient à des gens diabétiques de consommer des édulcorants, pour les faire maigrir et les aider à gérer leur diabète, c'est que ça ne pouvait pas être complètement mauvais. Sauf que…

 

Sauf que l'Inserm a sorti la semaine dernière une étude dont les résultats sont énoooormes : ils révèlent "pour la première fois en
France, que contrairement aux idées reçues, le risque de diabète est plus élevé
lorsqu’il s’agit de boissons "light" que de boissons sucrées "normales" »
.
Alors que le jus de fruits pressés, sans sucre ajouté, lui n'augmente pas le risque. Alors, c'est pas énooooorme, ça ?!

 

Bon, je ne veux pas polémiquer parce qu'évidemment, ça polémique sévère et on comprend que les enjeux santé et économiques sont tellement importants qu'il s'agit de ne pas raconter n'importe quoi. Par exemple, ne pas dire : "alors, on peut boire des boissons sucrées non light comme on veut" mais plutôt "donc, à choisir entre une boisson light et une non light, il vaut mieux la non light, ça fait moins de mal à la santé".

Alors attention, sur ce sujet, il y a toujours eu un mélange des genres entre question de poids et question de santé. C'est d'ailleurs Roselyne Bachelot qui a pointé cela dans ma chronique sur le sujet sur Le Grand 8 / D8. Ce qui m'a d'ailleurs permis d'expliquer pourquoi il faut revenir, dans son alimentation, à du vrai sucre, sans avoir peur de prendre 25 kilos ou de confire dans son diabète.

– Parce que le sucre est nécessaire au fonctionnement du corps et que s'il ne le reçoit pas sous une forme, il va le chercher sous d'autres : par exemple les personnes qui boivent beaucoup de light sont aussi celles qui souvent évitent les féculents de peur de grossir et qui du coup consomment trop peu de glucides (sucres). Du coup, elles compulsent sur des produits hautement sucrés, grandement caloriques et en quantité ingérable pour l'organisme. Donc elles se privent mais prennent du poids quand même.

– Et puis parce que les édulcorants de synthèse habituent le palais à un goût artificiellement et intensément sucré. Du coup, quand elles mangent quelque chose avec du vrai sucre, il leur en faut beaucoup pour arriver à une satisfaction très relative…

Alors tout ça se rééduque, avec un peu de temps, de calme et en douceur, pour repasser à un vrai goût des choses…

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Voilà ce que les clients de Casino ont pu découvrir sur leur livret promotionnel. Si on se contente de lire les gros caractères, l'argument est sans appel : "avec huile de palme" contre "sans huile de palme". Même si on ne connaît pas grand chose à la nutrition, on a dans l'idée que l'huile de palme, c'est pas génial pour la santé, que c'est plein d'acides gras saturés, ceux qui donnent du cholestérol et potentiellement, des maladies cardio-vasculaires !
Lorsque j'ai vu cette pub, le Nutella dans mes veines n'a fait qu'un tour.
Parce que Casino, qui met en avant le fait qu'il n'y ait pas d'huile de palme dans sa pâte à tartiner, écrit dessous en tout petit (ce qu'on ne regarde pas) la composition de chacune des pâtes. En l'occurrence, il n'y a pas d'huile de palme dans la Casino mais de l'huile de coco qui est, comme sa cousine l'huile de palme, riche en acides gras saturés et responsable des mêmes troubles de la santé !
M'est avis que les p'tits gars du marketing de Casino ont cherché à nous prendre pour des truffes (au chocolat) !