Hier, j'ai reçu ce message d'une inconnue, dans ma boîte mail :


Capture d’écran 2013-04-11 à 08.42.43"Madame,
Je suis plongée dans "Ex fan des régimes", avec le sentiment qu'une vraie fenêtre s'ouvre dans la nébuleuse médiatique associée au corps, au poids et à la normalité. Je voudrais vous dire merci pour cette impression de liberté et de nouveauté qui surgit dans ma vie.
Pour ma part, je suis un produit typique de notre société normative. Je me suis toujours trouvée un peu
ronde par comparaison avec ma sœur et mes copines (1m62, taille 40, c'est dingue quand je vois les photos !). Maintenant je suis très ronde, grosse en fait (taille 44 tendant vers 46). J'ai essayé de nombreux régimes ou diètes, des plus classiques (WW, hyper protéiné, "raisonnable" du genre Cohen ou Sonia Dubois) aux plus farfelus (banane, ananas, diète russe au lait fermenté) en passant par ceux qui ne veulent pas s'appeler régime mais nouvelle façon de manger (Montignac). Effet yoyo garanti dans tous les cas.
Et pourtant, paradoxalement, je refuse de tout mon être l'aspect "loi" des régimes. Car il y a un vrai vocabulaire juridique associé aux régimes : on a "droit" ou pas à ça, tel aliment est "interdit" ou "autorisé"… Mais qui est ce législateur qui s'empare de ma nourriture ?! Cela me révolte. Même si, et c'est bizarre de se reconnaître si ambivalente, je m'y soumets souvent (…)."

 Il m'a touché à plusieurs titres. D'abord, par sa justesse : ce qu'écrit Elisabeth, c'est ce que me disent nombre de mes patientes de leur parcours yoyo et de leur incapacité à supporter de ne pas être comme la société les attend. C'est pour toutes ces femmes que nous avons écrit ce livre avec Annabelle Demouron. C'est aussi pour elles qu'Annabelle anime une page Facebook du livre

Ce qu'elle dit sur la dimension "légaliste" liée à l'alimentation, c'est une chose que j'entends aussi souvent. Lorsqu'un patient me demande s'il a "le droit" de manger quelque chose, je lui réponds qu'il 'y a pas de grand livre de la Loi de la nutrition. C'est en partant du patient lui-même qu'on va aborder les choses.

Et puis son propos me touche aussi parce que lorsqu'on est le co-auteur d'un livre comme Ex-fan des régimes, on le fait pour transmettre un message. Quand ce message est reçu, ça fait plaisir, vraiment plaisir !

 

 

 

Depuis que je le connais, le blog Pensées de ronde (le blog de Caro) fait partie de ma "ronde des blogs". Il n'y en a pas 50, d'ailleurs, parce que je ne suis pas une bloggeuse très portée sur la chose. 

Ce matin, ma copine Soph qui suit Caro depuis toujours ou presque, m'envoie un sms à 7h du mat : "va voir le blog de la ronde !". Caro, pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, à un parcours de poids exemplaire au sens où elle a galéré de longues années avec son poids. Puis un jour elle a rencontré le praticien qui va bien. Elle a cessé de faire des régimes. Elle a mangé ce qu'elle a voulu, en prenant conscience de ce qu'elle mangeait. Elle s'est écoutée, au niveau émotionnel, psychologique et physique. Bref (on dirait "Bref"), elle a maigri. 

Capture d’écran 2013-04-10 à 17.26.08La semaine dernière, elle était un des témoins du fabuleux documentaire dans "Infrarouge".Comme elle a reçu beaucoup de témoignages à l'issue de ce doc, elle a fait un billet, ce matin, dans son blog : Pensées de ronde (Le blog de Caroline). Bonheur et joie, elle me fait l'honneur de me citer comme une ressource ayant une approche alternative. De cela, je la remercie.


Mais ce que j'ai aimé, dans son billet, c'est l'humilité qu'elle a face à son amaigrissement : elle ne pense pas qu'elle a tout compris, elle laisse à ceux dont c'est le métier, la charge d'accompagner leurs patients. J'ai tellement vu de personnes faire du prosélytisme par rapport à LA méthode qui lui avait changé la vie, que c'est agréable de lire quelqu'un qui a vécu une expérience ultra-importante pour elle mais qui sait à quel point tout cela est fragile : rencontrer la bonne personne, au bon moment dans sa vie, réussir à entrer dans la démarche, apprendre à se faire confiance, faire confiance au thérapeute, pouvoir se livrer en sachant que ses mots et ses maux vont pouvoir être reçus… Tout ça ne se prescrit pas, ça se ressent… Merci, Caro, de ton authenticité.

Si je n'ai pas entendu cette phrase 1000 fois, je ne l'ai pas entendu 1 fois ! C'est d'ailleurs comme cela que Laurence Ferrari a lancé ma chronique sur le sujet, mercredi dernier… Comment dire… Là n'est pas la question puisque la question, c'est de savoir combien on en mange : si on s'en bourre, ça a beau être le plus sain du monde, on grossit !  

Du coup, il faut retenir quoi ?

– Qu'on peut faire un mix sushis / sashimis, si on veut manger bien rassasiant mais qu'on trouve que le riz, c'est un peu étouffant.

– Qu'il existe une sauce soja salée avec moitié moins de sel en vente sur internet. La voici : 

Capture d’écran 2013-04-06 à 14.29.32

elle est verte avec un petit bouchon vert. C'est vrai que ça assoiffe, les sushis et en grande partie à cause de la sauce dont le sel vient s'ajouter à celui présent dans le vinaigre de riz, avec lequel on parfume le riz. D'ailleurs, ce vinaigre, malgré son goût acidulé, ne contient pas de sucre, en tous cas si j'en crois l'étiquette de la bouteille que j'ai chez moi.

– Que si on veut rester "jap attitude", on ne prend pas de dessert.

– Mais que surtout, surtout, on mange à sa faim. Ca veut dire qu'on peut faire une première commande, modeste, évaluer où on en est après ces quelques bouchées, et refaire un "réassort", une commande de complément si on a encore faim. Ca évite de finir pour finir et de prendre du poids avec cet aliment siiiiii sain !

Sur Europe 1(à la 53ème minute et 40 secondes), ce soir, j'étais face à 2 médecins, David Benchetrit et Pierre Dukan. La grande mode, en ce moment, c'est de promouvoir l'idée, avec laquelle je suis parfaitement d'accord, que les régimes sont néfastes. Malheureusement, les médecins ne savent pas quoi proposer d'autre que des régimes pour remplacer les régimes.

Quand j'ai demandé en off à D. Benchetrit pourquoi il avait écrit "Je maigris concrètement – Finie la dictature des régimes" alors que sur son site, il propose des régimes..? Il m'a répondu, droit dans les yeux, que le mot "régime" était banni, interdit sur son site. Bizarre, voici ce qui est en première page de son site :

Capture d’écran 2013-04-05 à 22.18.12

 

Une fois de plus, le discours donne envie mais la réalité est toujours tristement la même : un médecin donne un régime amaigrissant parce qu'il ne sait faire que cela. Si on rentre dans le détail de cette méthode, on se rend compte qu'il s'agit d'un régime hypocalorique, d'abord hyperprotidique. Bref, c'est un régime, restrictif, privatif, cadré et cadrant donc infantilisant.

Maintenant, il faut se rappeler d'une chose : tout régime fonctionne, à court terme. Mais l'euphorie d'un amaigrissement suivie du désespoir d'une reprise de poids altère toujours l'estime de soi.

Et moi, mon but en tant que thérapeute, ce n'est pas de sauver le monde, c'est de regonfler l'estime de soi de mes patients pour qu'ils trouvent les ressources de faire face à leurs émotions, qu'ils comprennent d'où viennent leurs problèmes avec leur alimentation, qu'ils s'autorisent le droit de savoir ce qui est bon ou pas pour eux et qu'ils ne dépendent pas d'une méthode ou d'un coach à vie… Ca s'appelle la liberté !

J'espère bien pouvoir faire entendre mon cri dans la nuit !

Je sais, je sais, j'avais dit, il y a quelques temps, que je ne parlerais plus de Dukan dans ce blog. Mais là, ce soir, à 19h sur Europe 1, avec Nicolas Poincaré, je ne parlerai pas DE Dukan mais A Dukan. J'espère pouvoir faire entendre la voix du futur face à cet homme du passé, qui ne pense que chiffres, pesées, lutte contre l'obésité mondiale, hygiénisme, lissage des différences, balance énergétique…

Le futur, c'est trouver son chemin, se faire du bien, être attentionné et bienveillant et aller à la rencontre de soi-même, de son poids, de son corps.

Pour tout comprendre des effets pervers des régimes, regardez cette rediff, avec une belle image, des illustrations rigolotes et des intervenants et témoins intelligents. Il faut se dépêcher car ça ne restera en ligne que jusqu'à mardi prochain… C'est une petite pierre supplémentaire pour faire avancer la réflexion de chacun sur la question des régimes.

On me demande souvent ce que c'est que mon métier, quelle est ma "méthode", combien de consultations il faut "compter", si je donne des "régimes"… Je n'ai pas de réponse toute faite à ces questions. Chaque individu est différent, particulier, spécifique. Mon métier de psychologue nutritionnsite, c'est d'amener cet individu à devenir un mangeur autonome, libre de ses choix, heureux dans son corps.

C'est une démarche, pas une méthode. Ca prend le temps que ça doit prendre, à raison d'un rendez-vous toutes les 2, 3 ou 4 semaines, ça dépend des gens et on en discute ensemble. Rien n'est figé, mon patient n'est pas prisonnier, il est libre de venir et de revenir. Je ne donne pas de régime parce que je pense, je sais et je suis convaincue qu'un régime restrictif, privatif et infantilisant ne fait pas avancer sur la question du poids et ne calme pas le rapport qu'on a avec l'alimentation. En revanche, j'informe, je guide, je chasse les idées reçues, j'outille mes patients pour qu'ils puissent faire des choix en toute liberté et aller vers le corps qu'ils peuvent avoir, se réconcilier avec, perdre autant de kilos qu'ils pourront, sans pour autant se perdre.

C'est donc à deux qu'on va avancer sur une frontière invisible entre nutrition et psychologie. Entre ce qu'on met dans son assiette, dans sa bouche et la façon dont ça impacte sur son estime de soi, sa confiance en soi, sur son corps, sur son poids et sur la perception qu'on en a. On va parcourir ensemble l'alimentation et le poids depuis le début des problèmes, et même avant, en retraçant l'histoire, la façon dont les choses se sont crispées, l'impact des attentes déçues d'une mère, d'un père, les moqueries d'autres enfants, le regard juge d'un amoureux… (liste non exhaustive de toutes les personnes bien intentionnées ou pas qui abîment le regard qu'on porte sur soi).

Cette démarche, c'est une rencontre entre deux individus et une histoire de confiance : confiance en moi, et puis confiance en soi, pour mes patients, avec une certitude : celle d'aller enfin mieux avec son alimentation et son corps.

Pour me joindre et caler un rendez-vous, c'est facile, il suffit d'aller sur "à propos de l'auteur", juste au-dessus de la photo, dans la colonne de droite !

Parce que le manque de soleil, la fatigue, les rhumes et autres joyeusetés de l’hiver ont largement fatigué les organismes, on cherche tous azimuts des ressources autres que des vacances qui ne sont pas près d’arriver vu que nous sommes au milieu du gué : quasiment aussi loin des dernières que des prochaines grandes et ensoleillées !

Une solution très « magazine féminin », serait de se tourner vers de la fashion food avec son lot de baies, d’algues ou de légumes bizarres sensés être anti-oxydant, faire maigrir, empêcher le cancer, faire venir la fortune et soigner les ongles incarnés…

Une autre solution est de regarder ce qu’on peut mettre dans nos assiettes, au quotidien, pour lutter contre le stress hivernal : une salade avec une vinaigrette au jus de citron et 1 tranche de saumon fumé, des sardines ou du hareng pour les oméga 3 qui mettent de bonne humeur et la vitamine C qui améliore l’immunité et donne la pêche.

On continue avec une viande et plutôt du filet mignon de porc (ou jambon ou bacon) pour la vitamine B1, anti-stress. C’est par exemple un filet mignon de porc au curry  et semoule aux fruits secs. Les épices parce qu’ils sont anti-oxydants et la semoule parce que les féculents sont eux aussi riches en vitamine B1. Les petits fruits secs sont riches en magnesium, comme le chocolat, touche sucrée sur laquelle on peut finir. Le magnesium est un décontractant musculaire et permet de se détendre.

Et puis si on veut un bon gros dessert, comme Hapsatou Sy et  Elisabeth Bost me l’ont bruyamment réclamé hier, dans la chronique ci-dessous, sans impact sur leur poids, on passe directement de la salade au fondant au chocolat, ce qui couvre tous les besoins en énergie, magnesium, sucre, protéines…

Il y a toujours des solutions, même pour les plus gourmand(E)s !

Une méfiance par rapport aux produits carnés, des farines animales données aux poissons… il n'en faut pas plus pour que la confiance des français se crispent par rapport à l'industrie agro-alimentaire et aux sources de protéines.

Certains vont jusqu'à se poser la question : peuvent-ils bien se nourrir sans pour autant manger de chair animale ? 

Les protéines des féculents sont de bonnes ressources pour couvrir le besoin en protéines. Il faut juste marier astucieusement les céréales et les légumes secs pour que les uns complètent les limites des autres : du couscous végétal avec des pois chiches, du riz à l'indienne avec des lentilles, un taboulé aux lentilles et pignons, des pâtes aux fèves… la cuisine traditionnelle ne manque pas d'idée pour pallier le manque de viande.

Et pour le reste ? le fer végétal est mieux absorbé si on mange en même temps une source de vitamine C (fruit frais, jus de citron dans le taboulé, vinaigrette au jus d'orange, kiwi dans la salade…). Si vraiment on en manque, il faudra supplémenter. C'est pas rigolo pour le transit les 15 premiers jours et puis ça s'arrange…Et pour ceux qui se détourneraient complètement de tout aliment d'origine animale, il faut absolument mais ab-so-lu-ment, une supplémentation en vitamine B12, qu'on ne peut pas trouver ailleurs que dans l'alimentation d'origine animale. Donc là, c'est un petit cachet qui fera l'affaire. Eh oui, on ne s'improvise pas végétalien !