Dans son livre FUCK LES REGIMES et dans cette vidéo, Chloé Hollings dit STOP aux régimes. Après s’être maltraitée des années durant, elle a décidé d’arrêter de se restreindre et de reprendre plaisir à manger. Petit à petit, elle a réussi à adoucir le regard qu’elle portait sur elle-même et elle a pu retrouver une forme d’alimentation plus intuitive. Oui, oui, c’est possible !

Les régimes et la restriction cognitive

Si vous prêtez bien attention à tous les régimes amaigrissants qui existent à l’heure actuelle, vous pourrez remarquer qu’on vous demandera toujours de retirer ci … ou ça. On peut aussi vous demander de calculer ce que vous mangez, en faisant attention aux grammages et aux calories. De manières plus subtiles, certains vous feront aussi croire que, dans ce régime, « tout est permis » mais on attendra de vous que chaque journée soit organisée de telle ou telle manière. Dans tous les cas, ces pratiques sont déresponsabilisantes, voire infantilisantes et surtout très restrictives. Chaque jour, vous devrez exercer un contrôle plus ou moins drastique sur votre alimentation et vous rentrerez doucement dans un cercle vicieux, bien connu par les psychologues, décrit par des études en 1976 : celui de la « restriction cognitive » (cf. schéma ci-dessous).

Vous commencerez par vous priver de certains aliments qui vous font habituellement plaisir et ressentirez petit à petit de la frustration. Au lieu de manger ce terrible muffin choco-noisette, vous opterez sagement pour une pomme, comme Dr. Régime vous l’aura strictement prescrit : « Si vous avez envie de chocolat, n’écoutez surtout pas votre corps et mentez lui en avalant un fruit, beaucoup moins calorique. » Lorsque la frustration est trop importante, ou qu’elle rencontre des événements extérieurs difficiles à vivre, les digues du contrôle cèdent à la pression, pour laisser place au craquage, au lâchage. Vous ne mangerez non pas un, mais peut-être deux muffins ou une tablette de chocolat ou encore un paquet entier de biscuits. Si le soulagement ou le plaisir est au rendez-vous, il sera de courte durée, vite effacé par la culpabilité.  Votre Mr Hyde intérieur sabotera votre estime en vous criant : « Mais voilà ! Regarde !! Tu n’as franchement pas de volonté ! T’es même pas capable de tenir ne serait-ce une semaine ! T’es vraiment nulle, nulle, nulle … Ne t’étonne pas d’être grosse ! ». L’estime de soi tombé dans les chaussettes, la seule perspective possible semble être de se restreindre à nouveau : « Bon demain, plus d’écart comme celui-là, c’est terminé ! Je ferai attention, et cette fois, pas de craquage ! ». Et vous revoilà à la case départ de ce cercle infernal …

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Suite à de nombreux régimes chroniques, votre alimentation risque alors de devenir obsessionnelle et il arrivera très certainement un stade où vous ne saurez même plus quoi avaler.

 

Un retour vers une alimentation intuitive grâce à une plus grande écoute de soi

Lâcher prise et manger en se faisant plaisir, c’est possible. C’est ce que je tente de faire avec mes patients tous les jours en cabinet, et c’est ce que Chloé Hollings a réussi à faire intuitivement et progressivement.

D’abord, en écoutant votre corps, vous vous rendrez compte qu’il peut être une mine d’informations pour vous aider à perdre du poids, sans vous priver. Notre corps est en effet doté d’un système de régulation complexe afin de réguler nos apports alimentaires. Celui-ci se manifeste par deux grandes sensations corporelles qui sont la faim et la satiété. La première se distingue de l’appétit qui, elle, a plutôt une origine psychologique que physiologique. Toutes ces sensations sont à apprivoiser, et cela demande du temps.

Or, ce n’est pas tout ! Pour écouter son corps, une toute petite ébauche d’acceptation de soi est nécessaire. On ne vous demande pas d’être « in love » de lui tout de suite mais il est primordial de lui faire confiance ne serait-ce qu’un tout petit peu pour commencer. Cela peut paraître paradoxal quand, pendant tant d’années, on vous a peut-être fait croire qu’il fallait simplement le faire taire. Accepter son corps, c’est donc commencer par lui prêter une oreille pour ensuite essayer de se laisser guider, et enfin le regarder d’un regard plus doux et plus juste. Votre corps n’est pas un adversaire mais une partie de vous, et c’est lutter contre lui qui est fatiguant, non pas l’inverse. Et puis … qui est le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour vous ?